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samedi 20 décembre 2014

Homélie du 3ème dimanche de l'Avent (B) - 14 décembre 2014

Une silhouette, un visage, quelqu’un légèrement en retrait. Qui est-il ? D’où vient-il ? C’est un inconnu, un étranger qui est arrivé dans le groupe. Nous faisons régulièrement l’expérience de celui, de celle qui entre dans un nouveau groupe de personnes. Nous sommes alors un visage sans nom, une personne incognito. Inversement, en faisant partie du groupe, nous remarquons rapidement un nouveau venu, une nouvelle tête parmi nous. Lors de notre entrée dans un groupe de gens qui se connaissent, nous sommes un peu intimidés, quelques fois inquiets. Il se peut que l’on passe inaperçu, que personne ne nous remarque tant les apparences sont banales. Il nous est peut-être arrivé d’avoir cette impression d’être invisible. Les yeux sont tournés ailleurs, vers d’autres, jusqu’à ce que quelqu’un se préoccupe de nous faire reconnaître par les autres.

 
Il arrive fréquemment que nous soyons introduits par quelqu’un qui nous connaît déjà. Un ami peut par exemple nous présenter à un groupe auquel il appartient. Nous faisons alors l’expérience du nouveau venu qui est regardé avec sympathie par les autres puisqu’il a la confiance d’un d’entre eux. Evidemment, les autres ne connaissent encore rien, ou très peu, de nous. Est-ce que je serai connu selon les apparences que je donne ? Est-ce que certains irons plus loin que les apparences, car elles sont parfois trompeuses ?

 
N'est-ce pas là l’expérience que Jésus lui-même a faite ? Toute une foule s’est rassemblée autour de Jean-Baptiste avec des tas de questions. Il y a même des prêtres et des lévites venus de Jérusalem pour avoir des réponses à leurs interrogations. Mais il y a surtout ces gens qui connaissent Jean-Baptiste, qui l’écoutent depuis tout un temps. On le suit, on se fait baptiser par lui, on reconnaît chez lui une certaine autorité. Cet homme est aux yeux de tous une personnalité qui en impose. A côté de l’illustre prophète, un inconnu passe inaperçu. C’est une silhouette, un visage parmi d’autres. Peut-être vient-il d’arriver ? Peut-être est-il déjà là depuis un certain temps ? Mais le texte dit bien qu’il n’est pas connu. Tout à coup, le prophète du désert interrompt la valse des questions qui fusent de toute part : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ». Il ajoute de façon très déroutante : « C’est lui qui vient derrière moi et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale ». Tous les regards se sont à présent tournés vers l’inconnu à qui Jean Baptiste donne tellement d’importance. Le prophète a fait exister Jésus pour les hommes et les femmes rassemblés autour de lui. Jésus ne s’est pas avancé de lui-même. Il n’est pas monté sur un rocher pour haranguer la foule mais il est resté à sa place dans une totale discrétion. Les enquêteurs pensaient avoir trouvé l’Envoyé de Dieu, le « messie », sur les apparences d’une personnalité forte et reconnue. Et non ! Celui qu’ils cherchent est semblable à n’importe quel passant. Jean-Baptiste identifie Jésus car il sait voir au-delà des apparences. Il a pris conscience que ce jeune homme qui l’écoute porte en lui quelque chose d’unique, un don qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer. 

Jean-Baptiste était probablement un homme attentif aux autres qui n’en restait pas aux apparences. Il a été à la rencontre de Jésus, prenant le temps de le découvrir et de percevoir en lui une personnalité exceptionnelle. Ensuite, il a d’une certaine façon introduit Jésus dans le cercle de ses proches. Le prophète a ainsi ouvert un chemin pour le Christ.

 
Nous sommes invités à devenir comme Jean-Baptiste. En étant attentif, en prenant le temps de découvrir l’autre, l’inconnu, l’étranger, nous dirons aux autres qu’il y a là quelqu’un à voir et à rencontrer. C’est peut-être quelqu’un qui nous apporte une vraie raison de vivre... Et puis, autour de nous, au milieu de nous quand nous sommes rassemblés en son nom, se tient le Christ. Mais sommes-nous attentifs à sa présence ? Acceptons-nous de regarder en sa direction, de nous pousser pour qu’il avance et qu’enfin nous écoutions sa voix ?

 
AMEN.

 
Michel Steinmetz  

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